Quand quelqu’un tape « électricien Ciney » ou « menuisier près de chez moi » sur Google, trois entreprises locales s’affichent sous la carte, avant même les sites web classiques. C’est le Pack Local. Votre place dans ce trio dépend en grande partie de votre fiche Google Business Profile (anciennement Google My Business).
La bonne nouvelle, c’est que cette fiche est gratuite et que vous pouvez l’améliorer vous-même. La moins bonne, c’est que Google a changé plusieurs règles en un an. Voici les 5 points sur lesquels je travaille avec les PME et artisans que j’accompagne, mis à jour avec les changements de 2026.
Le Pack Local : trois places, beaucoup de clics
Le Pack Local capte en moyenne 46 % des clics sur les recherches locales (source : Semrush), devant les résultats naturels classiques. Pour un artisan ou un commerce de proximité, y figurer change concrètement le nombre d’appels et de demandes de devis.
1. Récoltez des avis et répondez-y
Les avis restent le levier le plus visible de votre fiche. Google, comme vos futurs clients, regarde leur nombre, leur note, mais aussi leur régularité : dix avis récents valent mieux que trente avis datant de trois ans.
Comment les demander
- Demandez après chaque prestation réussie, le plus tôt possible, quand le client est encore content du résultat.
- Envoyez le lien direct de votre fiche par SMS ou par email, dans les 24 à 48 heures qui suivent. Le plus simple est que ce message parte tout seul après chaque intervention : c’est une des automatisations que je mets en place.
- Pour vos équipes sur chantier, prévoyez une carte de visite avec un QR code vers votre fiche. Le technicien la laisse au client en fin d’intervention, et le client donne son avis plus tard, tranquillement, depuis son téléphone.
Un message simple suffit :
« Merci pour votre confiance. Si vous avez deux minutes, votre avis sur Google aide d’autres clients à me trouver : [lien] »
Ce qui peut vous faire perdre des avis
Google ne sait pas comment vous demandez vos avis. Mais il analyse les avis eux-mêmes, et ses filtres automatiques suppriment ceux qui ont l’air arrangés. Quelques situations qui attirent son attention :
- Des avis qui se ressemblent trop. Évitez de proposer un texte tout fait : laissez le client écrire avec ses mots.
- Un afflux soudain. Dix avis en deux jours après six mois de silence, c’est suspect. Mieux vaut un rythme régulier, au fil des chantiers.
- Des avis rédigés sur place, sur la tablette du bureau ou le téléphone du technicien. Le client doit utiliser son propre appareil.
- Les avis de la famille, des amis ou des employés. Ils sont tentants au démarrage, mais ce sont souvent les premiers à sauter.
Quand Google fait le ménage, il ne prévient pas : les avis disparaissent, et votre note avec. Le plus sûr reste de laisser le client s’exprimer librement, quand il le veut.
Répondez à tous les avis
Positifs comme négatifs. Vos réponses montrent aux futurs clients que vous êtes présent et à l’écoute, et Google encourage explicitement les entreprises à répondre.
- Avis positif : un merci personnalisé, qui évoque si possible le chantier (« Merci Sophie, ravi que la nouvelle terrasse vous plaise ! »). Évitez de copier la même phrase partout.
- Avis négatif : restez factuel et courtois, reconnaissez le problème et proposez de poursuivre en privé (« Merci pour ce retour. Je vous appelle cette semaine pour trouver une solution. »). Ce sont vos futurs clients qui liront votre réponse, pas seulement l’auteur de l’avis.
2. Montrez votre travail en photos et en vidéo
Pour un commerce, les photos de façade et d’intérieur aident à trouver l’endroit. Pour un artisan, ce qui convainc, ce sont les chantiers.
- Réalisations : avant/après, chantiers terminés, détails de finition.
- Au travail : votre équipe en intervention. C’est exactement le type de photo que Google encourage pour les entreprises de services.
- Équipe et véhicules : un visage, une camionnette lettrée, ça rassure.
- Vidéos courtes : 30 secondes filmées au téléphone sur un chantier suffisent.
- Logo et photo de couverture en bonne définition.
- Façade et locaux, uniquement si vous recevez des clients.
Ajoutez des photos régulièrement plutôt que cinquante d’un coup. Plusieurs spécialistes du référencement local observent une baisse de visibilité quand une fiche reste plus d’un mois sans nouveauté. Google ne publie pas de règle officielle à ce sujet, mais une fiche active ne vous desservira jamais.
3. Rédigez une description qui répond aux questions de vos clients
Vous disposez de 750 caractères. Cette description n’est plus seulement lue par vos clients : l’intelligence artificielle de Google s’en sert aussi pour répondre à leurs questions (j’y reviens dans le bonus plus bas).
Une bonne description répond aux questions qu’on vous pose au téléphone :
- Ce que vous faites : votre métier et vos spécialités.
- Où vous intervenez : les communes, le rayon d’action.
- Ce qui vous distingue : expérience, agréations, délais, garanties.
- Comment vous contacter.
Exemple pour un électricien :
« Électricien installé à Ciney depuis 15 ans, j’interviens chez les particuliers et les professionnels : installations neuves, rénovations, mises en conformité RGIE, dépannages et bornes de recharge. Je m’occupe aussi de domotique et de panneaux photovoltaïques. Devis gratuit sous 48 heures, chantier laissé propre. J’interviens à Ciney, Dinant, Rochefort, Hamois, Havelange et dans les communes voisines. »
Évitez les liens, le code HTML, les promotions et les prix : Google les déconseille dans ce champ. Concentrez-vous sur votre activité et sur ce qui la rend particulière.
4. Choisissez les bonnes catégories et soignez vos coordonnées
La catégorie principale avant tout
La catégorie principale est l’un des signaux les plus forts pour Google. Choisissez celle qui décrit le mieux votre activité principale, puis ajoutez des catégories secondaires (jusqu’à 9), uniquement si elles correspondent à de vrais services.
Exemple pour un salon de coiffure :
✅ Catégorie principale « Salon de coiffure », secondaires « Coiffeur pour hommes », « Salon de beauté ».
❌ Ajouter « Magasin de vêtements » parce que vous vendez quelques accessoires. Les catégories hors sujet brouillent le message plus qu’elles ne vous aident.
Le nom : votre vrai nom, rien de plus
Utilisez le nom réel de votre entreprise, celui qui figure sur votre enseigne et vos factures. « Menuiserie Dupont » oui, « Dupont menuiserie châssis portes Namur » non. Ajouter des mots-clés à son nom est contraire aux règles de Google et peut mener à la suspension de la fiche.
Vous travaillez chez vos clients ? Définissez votre zone d’intervention
C’est le cas de la plupart des artisans du bâtiment. Si vous ne recevez pas de clients à votre adresse, Google demande de la masquer et d’indiquer plutôt une zone d’intervention : les communes ou la région où vous vous déplacez. Votre fiche reste visible dans les recherches locales, sans afficher votre domicile.
Des coordonnées identiques partout
Votre nom, votre adresse et votre téléphone doivent être rigoureusement les mêmes sur votre fiche Google, votre site, votre page Facebook, les Pages d’Or et les annuaires professionnels. Une adresse qui change d’un site à l’autre sème le doute, chez Google comme chez vos clients.
5. Gardez votre fiche vivante
Les publications
Votre fiche dispose d’un petit fil d’actualité. Vous pouvez y publier des textes de 1 500 caractères maximum, avec une photo et un bouton d’action :
- Nouveautés : un chantier terminé, un nouveau service, une période de fermeture.
- Offres : une action limitée dans le temps.
- Événements : portes ouvertes, salon, démonstration.
Un rythme réaliste pour une PME : une publication par mois, par exemple votre dernier chantier.
Les attributs
Selon votre catégorie, Google propose des informations complémentaires à cocher : services proposés, accessibilité, moyens de paiement (Bancontact, virement, espèces…), prise de rendez-vous. Remplissez tout ce qui s’applique à vous. Ces détails répondent à des questions concrètes de vos clients.
Les horaires spéciaux
Jours fériés, congés du bâtiment, fermeture entre Noël et Nouvel An : indiquez-les à l’avance. Rien n’agace plus un client que de se déplacer ou d’appeler pour rien.
Bonus : préparez votre fiche à l’IA de Google
Si vous aviez suivi mon conseil de l’an dernier sur la section Questions-Réponses, vous pouvez l’oublier : Google l’a supprimée fin 2025.
Elle est remplacée par Ask Maps, un assistant basé sur Gemini, l’intelligence artificielle de Google. Plutôt que de lire une liste de questions, l’utilisateur pose directement sa question à Google Maps (« est-ce qu’ils installent des bornes de recharge ? », « est-ce qu’ils se déplacent à Dinant ? »), et l’IA rédige la réponse à partir de votre fiche, de vos avis et de votre site.
Lancé en mars 2026 aux États-Unis et étendu à plus de 150 pays en août, Ask Maps n’est pas encore confirmé en Belgique au moment où j’écris ces lignes. C’est justement le bon moment pour s’y préparer :
- Complétez chaque champ de votre fiche : services, zone, attributs, horaires.
- Soignez votre description (astuce 3) : c’est une source directe pour l’IA.
- Ajoutez une page FAQ sur votre site, avec les vraies questions de vos clients.
- Encouragez des avis détaillés : un avis qui parle du chantier informe davantage l’IA qu’un simple « Très bien ».
Vous ne choisirez plus mot pour mot ce que Google répond, mais vous contrôlez les informations à partir desquelles il répond.
Mesurez les résultats
L’onglet Performances de votre fiche vous montre combien de personnes l’ont vue, quelles recherches les y ont menées, et ce qu’elles ont fait ensuite : appel, itinéraire, visite du site. Comparez ces chiffres d’un mois à l’autre pour voir ce qui fonctionne.
NB : votre fiche renvoie vers votre site : encore faut-il qu’il se charge vite.
Par où commencer ?
Pas besoin de tout faire cette semaine. Si je devais choisir trois actions :
- Vérifier votre catégorie principale et votre zone d’intervention.
- Relire votre message de demande d’avis.
- Ajouter cinq photos de chantiers récents.
Une fiche bien tenue est un travail de fond : les effets se voient en général sur quelques semaines à quelques mois, pas du jour au lendemain.